Il fallut attendre le milieu du XVIIIe siècle pour qu’un Sultan alaouite visionnaire, Sidi Mohammed ben Abdallah, comprenne le potentiel économique exceptionnel du site d’Essaouira et décide d’y construire un port afin d’en faire le principal pôle de commerce du pays avec l’Europe et le point d’aboutissement des grandes caravanes qui reliaient le Maroc à Tombouctou et, au-delà, à l’Afrique Noire de l’Ouest.
L’élaboration du plan de cette ville nouvelle, fut confiée à un urbaniste français, Théodore Cornut. Formé à l’école de Vauban, il fit d’Essaouira, ainsi nommée par le Sultan,une ville fortifiée au plan rationnel, aéré qui lui donne encore de nos jours un caractère et un charme uniques parmi les médinas marocaines.
Seule ville du Maroc dont la population se partageait à égalité entre musulmans et juifs, elle commerçait avec tous les grands ports européens ainsi qu’avec les pays subsahariens et cette activité florissante entraîna l’installation de consulats de la plupart des pays d’Europe. Mais, un siècle plus tard, la disparition des privilèges douaniers accordés à Essaouira et l’émergence de Casablanca entraîna un lent déclin de l’activité du port et de la ville même d’Essaouira qui, au milieu du XXe siècle, avec le départ massif de la communauté israélite au moment de l’Indépendance du Maroc, ne resta plus qu’une petite ville endormie sur son passé : son activité de pêche s’est elle aussi réduite au fil du temps et toutes ses conserveries de poissons ont fermé les unes après les autres. Seuls quelques chalutiers construits et entretenus dans un modeste chantier naval traditionnel animent encore le très pittoresque petit port .
En fait, c’est le tourisme qui a redonné vie à Essaouira où l’on accède désormais directement grâce à son aéroport international.
Outre les souks de plus en plus riches de boutiques attrayantes, des activités anciennes comme la marqueterie de thuyas et l’exploitation de l’huile d’argane connaissent un essor remarquable.
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